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Les gorilles et les timbres!

Bonjour ô jeune ami philatéliste!

Aujourd’hui, j’aimerais te partager d’une belle aventure que j’ai effectuée au Rwanda il y a quelques années… Une aventure qui a engendré ma passion pour les timbres représentant des gorilles… 


Lors de ma visite au Rwanda, pays des mille collines, je ne pouvais pas rater l’occasion de visiter le célèbre parc national des volcans. À l’intérieur de ce parc, les luxuriantes pentes des volcans abritent un superbe écosystème, particulièrement approprié pour profiter d’une expérience inimaginable : la rencontre avec les gorilles des montagnes.  

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Timbre du Rwanda – série sur les gorilles, 1970

Le tout commence lorsque mon chauffeur attitré d’Amahoro Tours, Abby, vient me chercher au Centre César. Après une visite guidée de Kigali, dont une visite au Mémorial du génocide, nous avons pris la route en direction de Musanze, ville située dans le nord-est du pays, à environ deux heures de route de Kigali. En chemin, Abby m’explique que, la semaine précédente, dix-neuf gorillons ont été baptisés lors d’une cérémonie officielle. Ce baptême est devenu, au fil des ans, une fête annuelle, qui s’appelle Kwita Izina en Kinyarwanda. Principale attraction touristique du Rwanda, les gorilles sont aussi une importante source de revenus.

Musanze, autrefois appelée Ruhengeri, est la ville où l’on continue le travail de l’anthropologue Dian Fossey au Dian Fossey Gorilla Fund International Centre. À savoir que lorsque l'on est touriste au Rwanda, et ce depuis le 1er juin 2012, il faut dépenser 750 $ américain pour obtenir un permis pour aller voir les gorilles. 

En arrivant à Musanze, j’ai récupéré mon permis aux bureaux d’Amahoro Tours et Abby m’a déposé à mon auberge. Située dans une maison de style colonial belge, non loin du centre-ville, l’auberge offrait un service pas toujours disponible en Afrique : de l’eau chaude! Puisque les nuits à l’équateur commencent vers 18 h, je n’ai pas tardé à me coucher afin d’être prêt pour ma grande aventure du lendemain. 

Abby était au rendez-vous le lendemain matin à 6 h afin de prendre la direction du parc au lever du soleil. Arrivé au point de rendez-vous à l’entrée du parc des volcans dans le village de Kinigi, je me mêle à la soixantaine de personnes qui, comme moi, sont ici pour rencontrer nos cousins lointains. La journée est brumeuse et l’on aperçoit à peine les volcans. Dix familles de gorilles, dont seulement sept sont conditionnées aux visites, vivent éparpillées au pied de cette chaîne de volcans qui forment une frontière naturelle entre le Rwanda, l’Ouganda et la République démocratique du Congo. Ces volcans sont en activité et comprennent le volcan Nyiragongo. Ce dernier, dont la dernière éruption importante remonte à 2002, avait sérieusement mis en péril la ville de Goma située de l’autre côté du lac Kivu. 

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Timbre du Rwanda montrant la région des volcans, 1966

Des équipes de six touristes se dirigeront vers les familles de gorilles. Chaque famille de gorilles a ses particularités et ses lieux de prédilection. Les randonnées pour aller les voir ne sont pas toutes les mêmes et certaines nécessitent même une excellente condition physique. La famille de gorilles que nous allions rejoindre était la famille Umubano, composée de neuf gorilles dont un mâle alpha (silverback), deux autres mâles plus jeunes (black backs), quatre femelles et deux gorillons. 

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Timbres du Rwanda montrant des danseurs traditionnels rwandais. Au Rwanda, on entend souvent le son des tambours. Ce son invite à danser, mais il est aussi décrit comme étant le son du cœur du Rwanda…

Donc, après avoir regardé des danseurs traditionnels et bu une délicieuse tasse de thé (le Rwanda est la capitale africaine du thé), nous avons embarqué avec nos chauffeurs respectifs pour atteindre le pied du volcan Sabinyo, d’une hauteur de 3 634 m, celui qui héberge la famille Umubano. Le trajet de 30 minutes de route a été un supplice pour la jeep et mon dos, le chemin était composé d’énormes roches volcaniques et était façonné de rigoles profondes creusées par la pluie. Une fois la voiture laissée, je me suis choisi un long bâton de marche à tête de gorille. Le début était assez facile puisque nous traversions des champs cultivés (patates, maïs, pyrèthre – fleur utilisée dans les insecticides, etc.). 

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Timbre du Rwanda montrant le pyrèthre, un important ingrédient utilisé dans de nombreux insecticides.

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Timbre rwandais montrant un caméléon, une espèce commune aperçue dans les champs menant à la jungle.

Le Rwanda a adopté comme sienne la célèbre patate irlandaise et en est devenu un des principaux producteurs en Afrique. Puisque les montagnes où habitent les gorilles sont en fait des volcans, les terres environnantes sont très fertiles à cause de la grande qualité de la terre volcanique et le paysage au pied des volcans ressemble à une immense nappe à carreaux très verte parsemée de pierres volcaniques. Après deux kilomètres de marche avec une légère ascension, nous arrivons à la lisière de la jungle. Nous devons enjamber un mur d’un mètre de large et d'un mètre et demi de haut qui a été construit afin d’empêcher, sans trop de succès, les antilopes, éléphants, buffles et gorilles de venir se nourrir dans les champs en contrebas.

De l’autre côté du mur, nous sommes accueillis par un ranger armé d’une vieille kalachnikov. Un des guides m’explique que le ranger est là pour notre protection au cas où des éléphants et des buffles auraient éventuellement l’envie de nous accompagner. L’écologue en moi était rassuré d’apprendre qu’il ne peut leur tirer dessus, il doit tirer en l'air.

Avec des lianes partout, toutes sortes de racines qui pouvaient nous faire tomber, des chardons plus grands que moi, des orties avec des pointes en aiguilles, des fourmis rouges dont la piqûre brûle énormément (je n'ai pas été piqué), des ravins à descendre et ensuite remonter, de la boue glissante et gluante, des flancs de pente de 75 % à gravir, des crottes de buffles et d’éléphants à éviter, de la pluie ruisselante intermittente, l’humidité suffocante, c'était toute une aventure fantastique! La forêt était surtout composée de bambous. 

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Timbre de la République populaire de Chine montrant du bambou.

Nous étions aussi accompagnés par deux garde-forestiers qui prenaient le temps de nous expliquer ce que nous voyons. Tout au long de l'excursion, on pouvait entendre les coups de canon de l'armée congolaise qui se trouvait de l'autre côté du volcan. Pas très rassurant, mais les gardes nous expliquaient qu'il n'y avait rien à craindre, car l'armée congolaise était à plus de 40 km de l'autre côté de la frontière. J’ai eu l'occasion de voir des antilopes et des singes argentés, mais pas de buffles ni d’éléphants. 

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Timbres du Ruanda-Urundi – Singe argenté, 1959

Quoique moyennement difficile, mon escalade dans le pays des gorilles est, pour moi, un souvenir exaltant rempli de l’intimité mystérieuse de la jungle avec tous ses chants d’oiseaux colorés et ses cris de singes. 

Nous n’avions pas tenu compte du fait qu’une famille de gorilles n’attend pas patiemment l’arrivée de ses visiteurs. Le gorille est un animal semi-nomade, toujours en quête de nourriture. Son met préféré étant le bambou dont la sève a sur lui un effet alcoolisant. Donc, pendant que nous escaladions le flanc du volcan, les gorilles, eux, en quête de bambous, étaient redescendus. Nous les avons suivis ainsi en grimpant, redescendant et en remontant pendant six heures…

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Timbres du Rwanda montrant une famille de gorilles.

Par contre, le vrai choc est d'enfin apercevoir un gorille pour la première fois. Tous ces efforts, tous ces bobos ont vite été oubliés... Rien n’aurait pu me préparer à cette rencontre avec un « silverback » qui a trois fois ma grandeur et une puissance telle qu’il déracine un bambou sans trop d’effort. Les gorilles sont énormes, 200 kg pour le gros mâle (silverback), environ 130 kg pour les femelles. J’ai vu deux bébés gorilles. Le grand chef que j'ai dans mes photos s’appelle Charles. Les gardes pensent qu'il est un descendant de Digit, le gorille de Dian Fossey, dont le fils Bindi serait le père de Charles. 

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Série de timbres de la République démocratique du Congo mettant en vedette une famille de gorilles et un silverback.

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Timbre allemand – mère gorille et gorillon

Après tous ces efforts, nous ne pouvions passer qu'une heure avec les gorilles afin qu'ils ne s'acclimatent pas trop aux humains. Cette heure était indescriptible tellement elle était remplie de découvertes et d’émerveillements! Ce qui me fascinait était que, à travers les arbres et les lianes, je pouvais apercevoir les champs de patates en bas, au flanc du volcan; un indice de la précarité de vie de ces primates. J’étais toutefois au cœur de l’action, à quelques pieds à peine de ces êtres tranquilles, inoffensifs, amicaux et d’une grande intelligence. Les guides nous ont montré comment « parler » à un gorille en utilisant des sons à mimiquer afin de leur faire comprendre que nous étions, nous aussi, des êtres pacifiques. Je pouvais les entendre grogner, signe pour un gorille que tout va bien. S’il se met à glousser, cela indique qu’il en a assez et qu’il est temps pour nous de partir. Heureusement, il ne faisait que grogner.

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Timbre de Gibraltar – Silverback

Nous pouvions les approcher d'assez prêt. Puisqu'ils venaient de manger, ils se reposaient. Un gorille peut dévorer jusqu'à 30 kg de plantes (bambous surtout) par jour... Tout d’un coup, Charles, un peu ivre de sève de bambou, se dirige vers nous. Notre guide nous ordonne de diviser notre groupe en deux afin de le laisser passer. En passant, Charles donne un coup de pied à une dame. Selon notre guide, c’est un signe d’amitié… faut le savoir! Une fois que notre heure s'est écoulée, nous avons commencé notre descente du volcan. C'était assez dangereux, car il ne fallait pas tomber dans les ravins ni dans les fourmilières de fourmis rouges (fire ants) dont une morsure est douloureuse, mais mortelle si c’est plusieurs centaines de morsures. Cela nous avait pris presque six heures pour trouver les gorilles, mais seulement deux heures et demie pour redescendre... 

Comme tous les participants, j'ai reçu un certificat pour ma participation. La journée s'est terminée avec un bon repas de brochettes de chèvre et de patates et quelques grosses bières Primus dans un petit restaurant de Musanze, le Green Garden, situé sur la route principale menant à Kigali.


Et oui, je n’hésiterai pas à refaire une telle excursion… À bientôt! 

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